TERRE-NOIRE LE 28 JUILLET 2019

Hommage aux 28 résistants fusillés par les allemands fin août 1944

Etaient présents les autorités des deux pays, France et Italie (Savoie et Val d’Aoste) les associations d’Anciens Combattants, les représentants du Souvenir Français de Savoie (Délégation Générale) et de plusieurs comités, une trentaine de porte-drapeaux, qui eurent à faire face au vent et que nous remercions vivement.

Tous étaient venus se recueillir sur le site où il y a 75 ans sont tombés sous les balles des allemands, 28 français pris en otage.

HISTOIRE

« Les 06 et 07 août 1944 la Tarentaise se libérait d'elle-même, mais c’était sans compter sur les troupes allemandes quittant le Vercors et se dirigeant vers l’Italie par la route nationale 90 en direction du Col du Petit Saint Bernard. Ces troupes allemandes bénéficient d’un armement lourd très important. L’avancée est inexorable et, le dimanche 13 août, Moûtiers est à nouveau une ville occupée.

C’est finalement le 24 août que la ville sera définitivement libérée. Mais la joie de cette libération fut nécessairement altérée par l’incertitude liée au sort des 21 jeunes emmenés comme otages par les troupes allemandes se repliant vers le Petit Saint Bernard.

Le 16 août 1944, le commandement allemand avait demandé que, le lendemain, tous les hommes de Moûtiers, âgés de 17 à 35 ans, viennent se rassembler sur la Place des Victoires. De là ils furent conduits aux casernes de la ville. Le 18 août, des interrogatoires, parfois brutaux, ont commencé.  C’est ce même jour que l’abbé Muyard fut arrêté entre les villages de Pomblière et de Saint Marcel, en possession d’un poste émetteur. Arrêté par les allemands, il fut, lui aussi, conduit aux casernes de Moûtiers.

L’abbé Muyard avait convenu qu’en cas d’arrestation, il dirait qu’il avait trouvé le poste émetteur dans son église et qu’il se rendait auprès des autorités pour remettre le poste.  En partie grâce à ce subterfuge, en partie grâce à l’intervention de personnalités locales, l’abbé aurait pu être relâché mais lorsqu’on lui annonça, il répondit : « Vous avez raison de me libérer puisque je n’ai rien fait, mais mes camarades non plus n’ont rien fait ; vous devez les libérer aussi ». On lui répliqua que ses camarades étaient des terroristes et qu’il n’était pas question de les relâcher. Il n’y avait alors pour lui qu’une seule décision possible : « Si vous ne les libérez pas, je reste avec eux. »

Dans la nuit du 22 au 23 août, l’abbé Georges Muyard partait donc, avec 16 jeunes de Moûtiers et 4 de Pomblière Saint Marcel. Viendront s’ajouter, au cours de la route en direction du Petit Saint Bernard, trois habitants de Bourg Saint Maurice, deux de Séez et un de Bozel. Monseigneur Terrier, l’évêque de Tarentaise, monté à vélo jusqu’à Bourg Saint Maurice, tentera une dernière médiation mais sans réussir à voir les otages et donc sans résultat.

Les otages ont été assassinés, probablement le 24 août, à Terre Noire, en Val d’Aoste (Près de Les Suches).

Les corps, regroupés dans deux charniers, seront retrouvés le 21 juillet 1945.

Chaque année, le dernier dimanche de juillet (date la plus proche de la sépulture solennelle) une cérémonie a lieu à Terre-Noire, aujourd'hui havre de paix occupé par les troupeaux et les activités touristiques mais qui fut le témoin de cette tuerie.

« Soldanelle de paix, quand nous serons en terre,

Indifférents à tout jusqu’à la fin des temps,

Raconte Terre Noire au passant solitaire

Et l’atroce trépas de jeunes combattants

Dis lui … (…)

Que l’homme doit veiller pour que, de par le monde

Le fascisme maudit soit chaque fois châtié ».

  Renée Bertrand – Terre Noire »

Source : La Résistance en Tarentaise (overblog)30 juil 2012

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  • Dernière modification : vendredi 16 août 2019.

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