Roland LAIMÉ (1916 - 1944)
Roland Laimé est né le 4 mars 1916 à Paris (4e arrondissement). Fils unique d’Albert, décédé en 1921, et d’Amélie Tissot, il passera une grande partie de son enfance entre Albens, chez ses grands-parents maternels, et La Motte-Servolex, au clos Laimé, avec sa mère.
En 1935, alors qu'il a 21 ans, il perd son grand-père, François Tissot, retraité des postes et médaillé de la guerre de 1870. Il était alors pilote-aviateur à la base aérienne d'Aulnat, près de Clermont-Ferrand. Il obtient son brevet de pilote de deuxième degré en décembre 1937.
Puis, deux ans après, ce fut la Seconde Guerre mondiale. Roland Laimé, aviateur, fut enrôlé dans l’escadron de chasse 3/3 « Ardennes ». En tant qu’adjudant, il devient l’un des trois chefs de patrouille.
Cette nouvelle unité, née en octobre 1943 à Rayack, au Liban, était armée d'avions anglais (Hurricane IIC). Administrativement créée le 1^(er) janvier 1944, elle prend le nom de « Groupe de chasse Ardennes » pour répondre aux vœux du général Valin, qui souhaitait que les unités de la « Force aérienne de la France libre » (FAFL) portent le nom de provinces françaises.
C'est le général de Gaulle qui a donné le nom « Ardennes » à cette nouvelle unité, en hommage aux sentiments patriotiques et de résistance de la région. Comme ils appartenaient à une unité de la France libre, les avions de l’Ardennes Squadron portaient la croix de Lorraine sur leur empennage. Restait à choisir l’insigne. Le symbole choisi pour représenter la région fut celui du sanglier des Ardennes. Le Groupe de Chasse III/3 n’était pas l’unité la plus connue ni la plus médiatisée, mais c’était l’une des plus représentatives de l’Armée de l’air française.
Sa devise, « Ne recule ni ne dévie », symbolise l’état d’esprit guerrier associé à ses missions passées et présentes. Aujourd'hui, cette unité est installée sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey et est équipée de Mirage 2000D.
Le 21 avril, dans l'après-midi, le groupe de chasse « Ardennes » reçoit la visite de l'Air Vice Marshal Langford Sainsbury, commandant la R.A.F au Moyen-Orient. Il annonce au groupe qu'il ne sera plus rattaché à la R.A.F au cours du mois de juin. Le groupe reçoit alors des instructions pour quitter prochainement Saint-Jean-d'Acre et rejoindre l'Afrique du Nord.
Après s'être entretenu avec l'Air Vice-Marshal, le capitaine Vinçotte se rend à Rayak pour faire ses adieux au lieutenant-colonel Morlaix, appelé à Alger pour occuper le poste de chef de cabinet du général Bouscat.
Le lendemain, 22 avril, une patrouille composée du capitaine Gruyelle et de l’adjudant Laimé décolle à l’aube avec pour mission d’escorter l’appareil du lieutenant-colonel Morlaix. Cette patrouille accompagnera le Lockheed du lieutenant-colonel Morlaix de Rayak à Nazareth.
Le 23 avril 1944, l’adjudant Laimé trouve la mort accidentellement à Saint-Jean-d'Acre, dans la zone de Beyrouth, au cours d'un exercice de voltige sur un Hawker Hurricane.
L’Adjudant Laimé amorce un tonneau à basse altitude et arrivé sur le dos interrompt inexplicablement sa manœuvre, puis passe en retournement. Il ne peut redresser à temps, part en vrille et percute le sol. La mort de Laimé fut la première perte significative du GC III/3 « Ardennes » à Saint-Jean d’Acre. Il sera reconnu « Mort pour la France » en service commandé. Il est inhumé au cimetière d’Albens avec sa mère. Il recevra la médaille militaire à titre posthume par décret du 3 octobre 1949

Restes du Hurricane de l’adjudant Laimé qui trouve la mort accidentellement à Beyrouth au cours d’un exercice de voltige la 23 avril 1944. (Photos M. Gruyelle et C. Trescases)
