GLAPIGNY BELLECOMBE-EN-BAUGES, 4 JUILLET 1944

Dimanche 5 juillet 2020, deux cérémonies se sont déroulées en hommage aux fusillés du 4 juillet 1944. La première à la stèle de Glapigny, la seconde à la stèle de Bellecombe en Bauges, en présence des autorités locales et d'associations mémorielles.

La délégation du Souvenir Français était représentée par JY. Sardella, délégué général adjoint, E. Sardella, trésorière et A. Routin secrétaire, le comité des Bauges, par sa présidente, N. Guéry,  accompagnée de membres du comité.

Historique

Le 4 juillet 1944, les chasseurs alpins allemands entreprirent une opération de destruction des maquis des Bauges qui fit quinze morts à Bellecombe-en-Bauges (Savoie).

Stèle "aux martyrs de la barbarie nazie"

Le massif préalpin des Bauges, étendu sur les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie, est délimité au nord par la cluse d’Annecy et au sud par celle de Chambéry. Les Allemands entreprirent à différentes reprises d’importantes opérations militaires pour détruire les maquis qui y étaient implantés, menace toute proche pour les préfectures, Chambéry et Annecy.

Le mardi 4 juillet, 1944 une offensive de grande envergure fut lancée contre les forces de la Résistance sur l’ensemble du massif. Environ un millier d’hommes du premier régiment de chasseurs alpins (Gebirgsjägers) de réserve participèrent à l’opération.

Simultanément quatre colonnes allemandes investirent les montagnes baujues : côté Ouest, par le col du Frêne (voir notice Ecole en Bauges) et le col de Plaimpalais, Côté Est par le col de Bornette et enfin depuis Annecy. Une compagnie de police et des GMR complétaient le dispositif en surveillant les bords du lac d’Annecy et interdisant toute retraite vers le nord. L’accès à l’ensemble du massif était ainsi totalement contrôlé.

Le 4 juillet, à l’aube, trois camions transportant des hommes du semi bataillon 98/I, venus d’Annecy, encerclèrent le village de Leschaux (Haute-Savoie). Ils étaient guidés par un cultivateur de Sévrier (ce dernier fut condamné après la libération aux travaux forcés à perpétuité).

A Leschaux, les soldats allemands rassemblèrent les hommes. L’un d’eux, René Abry, parvint à s’enfuir malgré une blessure par balle au visage tandis que son beau-frère, François Jourdan était arrêté en possession d’un revolver. Après interrogatoire, des villageois furent relâchée mais d’autres furent emmenés au col de Leschaux.

François Jourdan, torturé, dut accompagner une section allemande dans la montagne du Semnoz. L’objectif était l’attaque du camp AS cantonné dans ce secteur. En début d’après midi, cette section était de retour avec six prisonniers. Cinq hommes furent emmenés au hameau de Glapigny où ils furent exécutés aux alentours de 15 heures : Robert Lafrasse, Cyrille Garin, Jean Bichostowsky, Raymond Bel, et François Jourdan. Ils étaient tous membres de l’AS. Tous portaient les marques d’une violence extrême : mâchoires brisées, oreille coupée, nez cassé…).

Quatre autres hommes furent exécutés dans le même après-midi : Germain Rozenheck, dit Lamy Gaby, fut tué à Leschaux. Paul Suize et Jean Hugon, capturés le matin, furent exécutés à proximité du hameau du Pommier. Enfin, Francis Bouvier fut lui aussi abattu. En tout 9 hommes étaient morts.

Durant les mêmes heures, le village de Bellecombe en Bauges fut lui aussi le théâtre d’événements dramatiques. Les Allemands semblaient disposer d’informations précises puisqu’ils perquisitionnèrent la maison de Jean Lachenal, responsable local de l’AS. Ils y découvrirent un dépôt de vivres et des vêtements militaires. Jean Lachenal fut abattu après qu’il ait tenté de se débattre et d’échapper à son gardien. Les hommes de la 98/I et de la Sipo entreprirent d’interroger les hommes du village. Quatre d’entre eux furent déshabillés, frappés à coups de crosse et de poing, trempés dans la « fosse d’aisance de l’école » puis dans le bassin du village, jusqu’à étouffement. Ils furent par la suite relâchés. Emile Bouvier-Jacquot et Auguste Nicoud furent abattus sans sommation alors qu’ils tentaient de s’enfuir du village. Jules Laboret fut torturé puis exécuté après avoir tenté de s’échapper. Albert Bouvier arrêté comme résistant fut lui aussi abattu.

Les Allemands mirent le feu tout au long de la journée à plusieurs chalets dont certains avaient abrité les hommes du maquis. Ce fut le cas au hameau de Cote Chaude où la ferme qui abritait le PC du commandement AS du secteur des Bauges fut incendiée. Les deux jours suivants, les hommes de la Wehrmacht continuèrent à sillonner le secteur. Le 6 juillet, ils surprirent un groupe de six jeunes réfractaires au hameau de Lapierre. Tous parvinrent à s’enfuir, sauf un, Auguste Pricaz qui fut blessé par balle. Emmené de force, on retrouva son corps sur le territoire de la commune de La Chapelle Saint-Maurice (Haute-savoie). Les Allemands quittaient enfin Bellecombe non sans incendier la maison de Jean Lachenal et la boulangerie Culy.

Quinze hommes ont trouvé la mort lors de cette sanglante opération.

  • BEL Raymond
  • BICLOSTOWKY Roger
  • BOUVIER Albert
  • BOUVIER Émile
  • BOUVIER Francis
  • GARIN Cyrille
  • HUGON Jean
  • JOURDAN François
  • LACHENAL Jean
  • LAFRASSE Robert
  • LABORET Jules
  • NICOUD Auguste
  • PRICAZ André
  • ROSENKECK Henri
  • SUIZE Paul

Sources

SOURCES :  Michel Aguettaz

Arch. Dép. Savoie 961 W 31 - Michel Germain, Le prix de la liberté, La Fontaine de Siloé, 1993. - Pierre Mouthon, Haute-Savoie 1940-1945, Editions du sapin d’or, 1993 – Johannès Pallière , La campagne des Bauges, Cabédita, 1997.

  • Dernière modification : samedi 01 août 2020.

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