Inauguration d'une plaque du Souvenir Français

au Cimetière sarde des forts de l'Esseillon à Aussois

Pose de la Plaque

C'est le samedi 22 juin au matin que l'on s'est retrouvé, sur place et avec le soleil, pour la pose de la plaque en hommage aux soldats de l'armée d'Italie, morts au forts de l'Esseillon.

Ce ne fut pas une petite affaire car la plaque en marbre pesait son poids et était plus large que la porte. Mais tout s'est bien passé et la plaque a bien été installée.

Cette imposante plaque de 120cm x 135cm permet de redonner vie à nos soldats morts pour la Patrie en 1859, enterrés dans ce cimetière entouré de la paix des montagnes, mais ignorés de tous les passants puisque le carré d’herbe leur servant de dernière demeure ne comportait qu’un épitaphe sans leurs noms.

Une plaque avait déjà été posée par le Souvenir Français en 1991 lors de la remise en état du cimetière (il avait été comblé et servait de pâturage aux moutons).

 

Inauguration de la plaque

Le temps fut clément puisque la pluie n'a duré que peu de temps et la cérémonie s'est déroulée sous le soleil.

Cet hommage fut rendu en présence d’une soixantaine de personnes dont une vingtaine de porte-drapeaux, des élus,Mrs A. Marnezy, maire d'Aussois, J. Arnoux, maire de Lanslebourg, J.M. Buttard maire d'Avrieux et F. Chemin, maire de Fourneaux et conseiller régional, des membres du Souvenir Français de la Délégation générale Mrs F. Mareschal, délégué général, H. Gottero et J.Y Sardella, délégués généraux adjoints, J.N. Parpillon, délégué général honoraire, Mmes E. Sardella trésorière et A. Routin, secrétaire de Mrs G. Pilloud et P. Gaden présidents des comités de Haute Maurienne et de Maurienne,  de plusieurs Comités, La Ravoire, Combe de Savoie, Montmélian,  des Anciens Combattants de Haute-Maurienne, du Délégué du Souvenir Napoléonien Dauphiné Savoie, de représentants de la Gendarmerie et de la Police et de trois membres de l’Echo d’Aussois.

Après les interventions de Mrs A. Marnezy et G. Pilloud, Frédéric Mareschal fit son allocution que l'on retrouve ci-dessous.

«Sur cet éperon rocheux transversal à la vallée, au début du XIXe siècle, les rois de Sardaigne décidèrent de construire les fortifications de l’Esseillon afin de préserver leur royaume d’une éventuelle invasion française. Mais, 25 ans après l’achèvement de ces constructions, les forts virent arriver, en ami, des soldats français. Lors des guerres d’indépendance de l’Italie, l’alliance franco-sarde était opposée à l’armée Autrichienne. Ce sont les batailles de Monte Bello (20 mai 1859), Magenta (4 juin 1859), Melegnano (8 juin 1859), Solférino (24 juin 1859) …

2019 Plaque de 1991Les blessés de ces batailles étaient essentiellement transportés dans des hôpitaux militaire dans la province de Nice, alors que les soldats ayant contracté une maladie sur les champs de bataille étaient transportés à Briançon ou aux forts de l’Esseillon, transformé pour l’occasion en hôpital militaire. 12 de ces malades succombèrent en ces lieux et furent inhumés dans le cimetière où nous nous trouvons. Seule une plaque générique nous informe de la présence de ces soldats. Il était donc indispensable d’apposer une nouvelle plaque avec les noms de ces 12 soldats dont 11 étaient Français et 1 Savoyard.

Leurs noms sont inscrits dans les registres de la commune d’Aussois. Grâce à cela, nous avons pu retrouver leurs origines disséminées sur toute la périphérie du territoire français. Ils étaient du Vaucluse, des Landes, de Loire-Atlantique, des Deux-Sèvres, de Charente Maritime, de la Marne, des Bouches-du-Rhône, de la Somme, de Haute-Garonne, de Meurthe-et-Moselle et de Savoie.

A ces 12 braves, nous avons ajouté 4 autres soldats également morts de maladie en 1859 et décédés à l’hospice du Mont-Cenis, à Lanslebourg et à Modane.

Permettez-moi de vous parler du contexte lié à la mort du soldat décédé à l’hospice du Mont-Cenis tel qu’on le trouve dans l’ouvrage de Jean Bellet « Le col du Mont-Cenis, porte millénaire des Alpes »

Je cite : "Au XIIIe siècle, lors du déplacement du chemin du Mont-Cenis sur Lanslebourg et le col du Grand Mont-Cenis, les chanoines de Saint-Augustin construisirent un nouvel hospice sur le plateau, à la tombée du col à l'est du lac, près de la chapelle des « Transis » où, de temps immémorial, étaient déposés jusqu'aux beaux jours les corps des « transis » retrouvés sur la route.

Jusqu’aux années 1680, les Augustins dépendaient du diocèse de Turin et l’hospice formait une enclave dans le territoire paroissial de Lanslebourg dépendant du diocèse de Maurienne.

Ainsi, lorsque quelqu’un mourait au passage du Mont-Cenis, sur la route ou dans un refuge, il était descendu à Lanslebourg et sépulturé au cimetière Saint-Martin, situé devant l'ancienne église paroissiale, mais s’il mourait dans l'enclave de l'hospice, il était sépulturé par le prévôt ou recteur et était comme en mer « passés par-dessus bord », dans le « gouffre des transis », un entonnoir voisin de gypses en communication avec le lac.

Cette coutume dura très longtemps et les archives paroissiales de Lanslebourg racontent qu'un soldat français étant décédé en 1859, l'abbé Richard, vicaire, procéda à la sépulture et « suivant le rite traditionnel à la chapelle des « Transis », le moment venu, « confia » le mort au gouffre. Les camarades du défunt furent scandalisés... et, croyant à un manque de respect à l'un des leurs, furent pris de violente colère et l'abbé Richard faillit être jeté tout vivant dans la « caverne ».

Un ange gardien du pauvre abbé surgit bien à-propos en la personne du colonel qui expliquant les choses aux militaires réussit à calmer les esprits et mit fin à l'incident.

Mais pour prévenir le retour de pareilles mésaventures, le gouffre fut dès lors abandonné, clos et recouvert. Un petit cimetière fut établi tout près, puis transféré sur un mamelon en bout du premier barrage". Fin de citation.

Ce défunt, dernier à avoir été jeté dans le gouffre, se nommait Victor Ursin Follin. Il était né le 27 juillet 1835 à Flamanville (Seine-Maritime) et était fils de Jean Baptiste Victor Follin et de Prudence Léocadie Follin. Il fut enrôlé dans l’Armée d’Italie au sein du 1er Régiment d’Artillerie sous le matricule n° 4945. Il était canonnier lorsqu’il fut admis à l’hospice du Mont-Cenis (Savoie) où il décéda le 26 juillet 1859, la veille de ses 24 ans.

Ces 16 soldats méritent que leur nom soit gravé dans la pierre pour que l’on se souvienne d’eux. Ils ont, 56 ans avant l’institution du terme « Morts pour la France », donné leur vie pour la Patrie et pour cela, nous n’avons pas le droit de les oublier.

A nous le Souvenir, à eux l’Immortalité ! Vive nos vaillants soldats, vive la France ! »

Un vin d'honneur, offert par la municipalité d'Aussois, clôtura cette cérémonie.

 

 

  • Dernière modification : samedi 12 octobre 2019.

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